L’unique nourriture des koalas.

Originaire d’Australie où ses feuilles fournissent leur unique et indispensable nourriture aux koalas (s’ils en sont privés, ils meurent de faim !), l’eucalyptus est un bel arbre qui peut atteindre 35 m de haut et 2,5 m de circonférence. Il en existe une trentaine d’espèces parmi lesquelles l’Eucalyptus globulus ou Gommier bleu, introduit dans le midi de la France au 19e siècle, est l’une des plus rustiques et des plus remarquables par la rapidité de son développement. Ses feuilles, recourbées en forme de faux, d’un beau vert glauque sont bien connues des pharmacies familiales.

Les fleurs, qui naissent à l’aisselle, sont en forme de coupe garnie de petites étamines. Les fruits évoquent de petites urnes surmontées d’un couvercle. Toutes les parties vertes de la plante secrètent une huile essentielle, l'eucalyptol, à l’odeur forte et agréable, qui est le plus réputé des remèdes anti-rhumes. Mais en général, seules ses feuilles sont utilisées en médecine.

L’anti-fièvre de Jules Verne.

Comme fébrifuges, les feuilles sont utilisées depuis longtemps dans leur pays d’origine. L’Eucalyptus semble surtout réussir contre les fièvres intermittentes rebelles à la quinine. Jules Verne constate que la présence seule des eucalyptus dans une région « suffit à neutraliser les miasmes paludéens ». En Australie et en Espagne, on l’employait aussi contre la phtysie.

En outre, ses propriétés infectantes le faisaient recommander dans les affections purulentes de l’urêtre et du vagin, les pertes blanches et la chaude-pisse. Les curanderos, chamanes des hauts plateaux des Andes, prescrivent traditionnellement pour traiter la toux et la pneumonie des infusion d’eucalyptus qu’ils associent à la feuille de luzerne broyée pour en faire des frictions de la poitrine.

Spasmolytique, expectorant et anti-infectieux.

Les propriétés traditionnelles de l’Eucalyptus pour soulager les rhumes et les bronches ont fait l’objet de nombreuses recherches.
Son activité expectorante a été démontrée: il agit directement sur les cellules de l’épithélium bronchique et exerce un effet mucolytique. En inhalations, l’huile essentielle se comporte comme un tensio-actif en abaissant la tension entre l’eau et l’air au niveau des alvéoles. A dose faible, il augmente la capacité pulmonaire. Son action antiseptique est démontrée in vitro sur les staphylocoques, les pneumocoques, les proteus et les coliformes ainsi que sur les champignons Candida.

Il possède également une activité anti-virale. Ces propriétés justifient donc son utilisation intéressante dans les rhumes, les bronchites, mais aussi l’asthme. Des scientifiques russes travaillent sur son action sur le virus de la grippe.

Le roi des remèdes respiratoires.

La drogue est utilisée en nature (tisanes, gélules) au cours des affections bronchiques aigües.
L’huile essentielle entre dans la plupart des spécialités pharmaceutiques contre le rhume et la toux, sirops, pastilles, suppositoires et aérosols. Aux doses thérapeutiques (0,06-0,2ml), elle n’est pas toxique. Mais son ingestion en quantités de plusieurs millilitres peut provoquer des nausées, vomissements, dépression respiratoire, coma et être mortelle chez l’enfant.

Il faut aussi savoir que l’eucalyptus exerce une activité hypoglycémiante, intéressante chez les diabétiques et, pourquoi pas, certains obèses.

MODE D’EMPLOI.

• Inhalation : couvrir les feuilles d’eau bouillante, ou verser quelques gouttes d’HE et respirer la vapeur.
• Gargarisme :5 gouttes d’HE dans de l’eau.
• Friction : mettre 0,5 à 2 ml d’HE dans l’huile de base et masser la poitrine.
• Massage contre les inflammations articulaires : mélanger 10 à 20 gouttes d’HE d’eucalyptus à la même quantité d’HE de romarin, dans 20 ml d’huile d’olive.
• Cataplasme contre les douleurs articulaires et les brûlures : mélanger quelques gouttes d’HE à de la pâte d’argile verte et appliquer sur la zone douloureuse.