C’est le lieu de domicile du patient qui détermine son médecin traitant. C'était aussi souvent le cas, en France, à l'époque où l'on avait son médecin de quartier et de famille.

L’habitude et la coutume, l’emportaient souvent sur le libre choix rationnel. Ce processus de fidélisation – souvent involontaire - avait l'avantage d'offrir au médecin traitant la possibilité de suivre, un ou des patients, parfois même pour plusieurs générations successives.

Aujourd'hui, dans un système libéral où l’Etat, au nom du contrôle des dépenses de santé, introduit des contraintes de plus en plus rigides, le choix du médecin devient un acte important.

Pour étendu qu'il soit, le territoire au sein duquel doit s'exercer ce choix est mal balisé. Entre les grands patrons aux titres aussi impressionnants que leurs tarifs, les consultations hospitalières qui, pour être données (presque) gratuitement, n'en sont pas moins très sérieuses, les généralistes qui en leur qualité de « médecin référent » deviennent le point de passage obligé pour accéder aux « médecins spécialistes », les naturopathes méprisés ou adulés et tous les « praticiens », non médecins, qui oeuvrent dans la clandestinité, il y a de quoi être désorienté !

Comment se guider? Comment trouver un bon, un vrai médecin de terrain?

Si vous ne savez pas, interrogez donc vos proches.
Les connaissances, les amis, toutes les personnes dignes de confiance peuvent être écoutées. Un pharmacien sérieux, peut-être spécialisé dans les remèdes naturels, pourra donner un avis précieux. Dans tous les cas, deux opinions valent mieux qu'une.

Rendez-vous pris, vous êtes assis dans le cabinet du praticien.

Ecoutez, observez, n'hésitez pas à poser des questions. Le premier devoir du médecin est d'informer. Le mot "docteur" vient du latin "docere" : enseigner. Est-il attentif ou distrait? Disponible ou un peu impatient? A votre écoute? Comment votre sensibilité vibre-t-elle en sa présence ? Vous devez vous sentir en confiance et à l’aise. Comme dans la vie de tous les jours, certaines personnalités nous sont sympathiques d’instinct, d’autres moins, voire beaucoup moins… Un médecin, cela va de soi, doit présenter a priori, et à vos yeux, des qualités de générosité, de sérieux, de tolérance. En un mot des qualités humaines.

Le choix d’un généraliste « référent » implique que vous serez amené à le revoir… Le moins souvent possible, je vous le souhaite, mais tout de même, sans doute, plusieurs fois au long des mois ou des années. Optez donc pour quelqu’un qui vous sied.

La relation médecin/patient est une relation qui doit être réciproquement respectueuse et rassurante. Si la personne ne vous plaît pas ou pas trop, s'il ne vous inspire pas confiance, ne déposez pas votre santé entre ses mains, n'ayez pas peur de battre en retraite. Vous risqueriez de mal l’écouter et de mal vous « entendre ». Prenez votre ordonnance, remerciez, payez et filez. Et remettez vous en quête. Qui ne réussit pas la première fois, pourra réussir la fois prochaine…

Une première expérience est toujours enrichissante. Vous serez plus aisément attentif la seconde fois. Plus à l’aise et peut-être plus objectif, car tout simplement rassuré par vous même, et votre liberté de choix.

Et lorsque vous aurez trouvé l’interlocuteur qui vous entend et vous comprend, confiez-vous vraiment à lui. Parlez-lui sans retenue, sans angoisse. Plus votre praticien sera informé, mieux il vous aidera. Plus vous acceptez ses recommandations, mieux vous vous porterez. Collaborez. En vous instruisant, vous vous libérez.